Info Sourds de la Baie des Anges 06 : Les réunions thématiques
Les réunions sont tout d’abord un lieu d’échange.
Ces échangent doivent se construire sur un principe fondamental : la tolérance.
Cette base nous permettra, je l’espère, de communiquer avec tous les types d’interlocuteurs : sourds signants, sourds oralistes, malentendants, entendants, sourds étrangers…. Cette tolérance se veut active.
Accepter les différences est important mais comprendre celle des autres est nettement plus enrichissant.
Cela semble anodin sur des thèmes quasi-consensuel comme « les sourds-suédois » ou « les sourds au cinéma » mais cela devient plus difficile de garder l’esprit ouvert lorsqu’il s’agit d’aborder des thèmes tel que l’implant cochléaire, l’intégration etc.
Le fil directeur de toutes ces réunions est la culture sourde au sens large. Pourquoi ? Parce qu’il nous semble que la culture sourde pourrait s’affirmer davantage dans la région. Mais ces réunions s’inscrivent très modestement dans un élan national pour promouvoir et améliorer la condition des sourds.
Le premier pilier fondamental de notre culture est la langue des signes. Officiellement il y a bien eu des améliorations au niveau législatif pour la reconnaissance de la LSF mais paradoxalement la diffusion de la LSF semble parcellaire quand elle n’a pas simplement régressé.
Le deuxième pilier essentiel est l’histoire.
« Un homme sans passé est plus pauvre qu'un homme sans avenir. » (Elie Wiesel). Si on veut adapter les réussites américaine ou suédoise il faut le faire avec ses spécificités.
Regarder les pays étranger c’est prendre du recul.
Prendre du recul c’est comprendre nos forces et nos faiblesses.
C’est aussi avoir une vision plus globale sur les relations de pouvoir, de domination entre les sourds et les entendants : lorsque les entendants disent « vous voyez bien que les sourds ne sont pas capables d’être cultivé et intelligent puisqu’il n’y a pas beaucoup de professeur sourds », ils entretiennent le cercle vicieux qu’ils ont crées : pas d’éducation approprié, pas d’émancipation.
La encore, un regard extérieur révèlent l’aspect pernicieux de ces paroles.
Pour briser ce cercle il ne faut pas avoir peur de montrer son ignorance en posant sans cesse des questions.
A chaque signe, a chaque mot nouveau évoqué pendant les discussions thématiques, il faut demander des réponses.
Et chaque réponse doit amener à de nouvelles questions.
Chaque association apporte une petite pierre à la connaissance. Mais pour créer une avalanche il faut créer du lien, de la solidarité et c’est ce qui semble le plus dur à construire dans notre société individualiste.
En associant sourds, parents d’enfants sourds, entendants… nous espérons participer simplement à l’avalanche qu’à crée l’Abée de l’Epée.