Libres courts (n°9) et le monde du silence…
http://www.latelelibre.fr/index.php/2007/11/l/
Transcription vidéo faite par Anne-Christine Legris :
MUSIQUE JAZZY.
IMAGES DU CAFE-SIGNES.
COUPURE DE SON. LE PRESENTATEUR PARLE. PERSONNE NE
L'ENTEND.
00.00.39 :
LE JOURNALISTE : : Non, non, surtout ne touchez à
rien, ne réglez pas le son c'est tout à fait normal,
salut à tous, c'est “Libres Courts”, et ce petit
moment off si je puis dire c'est tout simplement pour
vous montrer la perception que vous auriez si vous
étiez sourds.
Alors vous allez me dire, quel est l'intérêt ?
L'intérêt c'est de vous mettre dans la peau du
comédien que l'on va recevoir aujourd'hui et dans la
peau de ces millions de français qui sont sourds. Vous
l'aurez compris ce “Libres Courts” est placé sous le
signe du monde du silence, ce monde qui est encore
très très peu connu parce qu'il fait encore un peu
peur. Et un bon exemple de ce qu'il est possible de
faire malgrès ce handicap, se sont les courts métrages
de Joël Chalude que je vous propose de découvrir
aujourd'hui. Et puis c'est toujours la nouvelle
formune de “Libres Courts” donc on se retrouvera tout
à l'heure, en plateau, avec des invitées, on va
d'ailleurs rejoindre tout ce p'tit monde au “Café
Signes”, le “Café Signes”, il nous accueille, il a
ouvert exprès pour nous aujourd'hui donc je le
remercie déjà, c'est un café où les serveurs et les
cuisiniers sont sourds et la clientèle est mixte et ça
permet à tout ce p'tit monde de communiquer ensemble,
et ça, c'est plutôt bien, “Libres Courts”, 9ème
édition, c'est tout d'suite et c'est parti.
00.01.35 : IMAGES LE JOURNALISTE ENTRE DANS LE CAFE
SIGNES.
LE JOURNALISTE : Et on va aller tout de suite
rejoindre Joël Chalude.
00.01.43
LE JOURNALISTE (S'ASSOIT AU COMPTOIR ET DIT) : Le
voici, le fameux Joël Chalude, comédien…
(JOEL SOURIRE AUX LEVRES, DECROISE LES BRAS, FAIT UN
SIGNE DE LA MAIN GAUCHE A LA CAMERA ET RECROISE LES
BRAS CONTRE SA POITRINE)
…vous êtes aussi chorégraphe, euh..metteur en scène
JOEL CHALUDE : Un peu de tout
LE JOURNALISTE : Un peu de tout…exactement
JOEL CHALUDE : …avec beaucoup de talent (s?)*
LE JOURNALISTE (IL TEND L'OREILLE) : Avec ?
JOEL CHALUDE : Un peu de tout avec beaucoup de talent
(s?)* Vous êtes sourd ou quoi ?
RIRES DU JOURNALISTE : oui c'est une..euh un très joli
pied de nez pour commencer (IL SE TOURNE VERS LA
CAMERA) donc, euh, oui Joël Chalude est l'auteur des
courts-métrages que l'on va voir aujourd'hui, il faut
savoir que ce sont des courts-métrages qui ont été
proposés à France 3, euh…c'étaient des pilotes qui
ont été tournés…
(LE JOURNALISTE SE RETOURNE VERS JOEL CHALUDE)
…comment vous est venu l'idée du personnage de Pinto
? (IL LUI TEND LE MICRO)
JOEL CHALUDE : oh ben ce n'est tout de même pas
difficile, Pinto c'est tout simplement moi sous
un…autre appellation euh…moi, en l'occurrence ;
un sourd confronté aux aléas du métier, aux aléas de
la vie…euh… quotidienne euh…confronté
auauauax…ré sistances, auauaux…pesanteur s dans la
société face à l'idée d'un sourd puisse être porteur
d'un projet car..toutout le problème aujourd'hui
encore est là…euh…est- ce-que, quelle est la place
qu'on veut bien conférer à un handicapé et à plus
forte raison à un sourd ?
00.2.52 à 00.3.01 IMAGES DE L'AFFICHE DE SOURDIUS, DE
L'OUVRAGE JE SUIS NE DEUX FOIS ET DE L'AFFICHE DE LA
PIECE DU MEME AUTEUR.
VOIX-OFF : …Il se trouve que tous les projets dont
je suis l'instigateur, que j'ai réfléchi…développé ,
se sont d'abord heurtés aux réticences des décideurs,
d'abord économiques, euh…culturels, associatifs,
euh…euh… institutionnels du seul fait de ma
surdité.
LE JOURNALISTE (IL ACQUIESCE) : Pourquoi ça n'a pas
été accepté par France 3 puisque c'étaient des pilotes
? Pourquoi ça n'a pas vu le jour ?
JOEL CHALUDE : Oh ben, ça recoupe ce que je vous ai
dit au départ, à savoir…lorsque j'ai rencontré
le…la responsable de…je ne citerai pas de nom
(JOEL SOURIT ET LANCE UN REGARD A LA CAMERA) je ne
veux pas..trop griller mes cartes…hein ? (IL
RIT)…mais lorsque j'ai rencontré la responsable des
fictions sur France..euh. .X…euh. .(IL REGARDE LA
CAMERA EN RIANT ET DIT) biiip !
LE JOURNALISTE : Donc, France 3 ?!
JOEL CHALUDE : euh…pardon ? euh…(IL MET SON INDEX
DROIT SUR SON OREILLE DROITE) hein ? France quoi ? Et
euh…il s'est trouvé que la responsable de la
production dont je ne citerai toujours pas le nom (IL
BAISSE LA TETE ET FERME LES YEUX, LES OUVRE, REGARDE A
GAUCHE), d'une chaine euh…biiip! m'a répondu en tout
cas : “Le concept m'intéresse et…je suis prêt
euh…non pas à vous aider mais faites des pilotes et
je verrai dans quelle mesure je pourrais le…le…non
pas le produire, le financer”.
Il se trouve que…entre temps, euh…elle m'a
également dit, par la suite : “Vous savez, ne vous
faites pas d'illusions. Nous avons des problèmes
récurrents, c'est celui des parts de marché et c'est
celui de l'audimat.
Or, le handicap n'est pas…n'est pas quelquechose qui
peut induire des recettes, n'est pas quelquechose qui
peut valoir des parts de marché, et un
audimat…euh. ..explosif !”
LE JOURNALISTE : Bon, et bien en tout cas, l'audimat
sur la télé libre, il y en a toujours, même pour la
surdité euh…(JOEL ENLEVE SES LUNETTES ET POSE SA
TETE SUR L'EPAULE GAUCHE DU PRESENTATEUR EN MIMANT UN
SANGLOT) je sais pas ce qui se passe avec Joël
Chalude, euh…je vous propose de voir tout de suite
l'Ecume des Sourds, c'est le premier court-métrage de
Joël Chalude, vous voyez quant même que c'est un homme
euh…qui a quant même un petit peu d'ENERGIE,
énormément d'énergie et beaucoup d'humour… (JOEL SE
TOURNE VERS LE COMPTOIR ET MIME QU'IL SNIFFE UN RAI DE
COKE. IL RELEVE LA TETE ET S'ESSUIE LES NARINES AVEC
SON POING GAUCHE)
JOEL CHALUDE : Excusez moi…Excusez moi…
LE JOURNALISTE (EN RIANT) : et…et donc on va voir
son premier court-métrage qui est l'Ecume des Sourds
et on se retrouve juste après avec euh nos invitées
pour parler de la surdité.
JOEL FAIT UN SIGNE DE LA MAIN GAUCHE. FONDU ENCHAINE
SUR L'ECUME DES SOURDS. 00.05.05
00.10.10
LE JOURNALISTE : Voilà, de retour au “Café-Signes”
avec avec moi pour parler de la surdité, j'vous
présente mes invitées, euh…(LE JOURNALISTE ASSIS A
UNE TABLE REGARDE SES NOTES)
…euh…Christiane Fournier, euh…de l'ACFOS, vous
êtes professeur-formateu r, interprète en LSF et vous
venez de sortir un dictionnaire de la langue des
signes intitulé “Le Fournier Signé”, (CHRISTIANE
FOURNIER ASSISE FACE A LUI ACQUIESCE DE LA TETE ET DES
YEUX)
jusque là, j'ai bon.
Euh…Nous avons Martine LE..OU..P.** euh…qui dirige
un établissement pour sourds et qui est donc la
créatrice du “Café Signes” et puis, euh…Joël Chalude
que vous avez vu tout à l'heure et donc je ne le vous
représente pas.
Euh…Pour rentrer un petit peu dans le vif du sujet
tous euh…j'aimerai savoir si vous sentez que les
sourds euh…sont encore euh…en marge de la société
? Aujourd'hui ?
CHRISTIANE FOURNIER : Alors c'est vrai que je ne suis
pas sourde. En tant qu'entendante je dirais que…il y
a à la fois des éléments positifs dans cette évolution
d'insertion mais des éléments négatifs.
Alors, les éléments positifs : par rapport aux
formations que l'on propose aujourd'hui aux sourds, il
y a un éventail fantastique, fantastique, qu'alors il
y 40 ou 50 ans y'avait 4 ou 5 métiers et on ne pouvait
pas aller au delà. Et surtout, certainement pas un
métier de technologie ou intellectuel, ça, se n'était
pas possible.
Et, les sourds qui étaient un peu plus évolués bien
souvent devenaient artisans aidés quelquefois par…la
famille. Mais, ceux qui étaient un peu laissés pour
compte parce que ils n'étaient pas suffisemment
instruits, ben, ils avaient des difficultés pour
trouver du travail et étaient quelquefois simples
manoeuvres ou bien quelquechose comme ça.
Alors…aujourd' hui, c'est là où est le paradoxe.
Il y a un éventail de formations extraordinaires.
Les sourds maintenant restent beaucoup plus longtemps
à l'école, donc ils peuvent passer le brevet, le bac
puis l'université, euh…dans.. . les BTS
professionnels ils sont acceuillis au même titre que
les entendants mais….tout le problème est de trouver
un travail.
LE JOURNALISTE : Joël, euh..vous, vous vous sentez,
euh, encore à part ?
JOEL CHALUDE : Euh…Mais moi, de toute façon, je me
suis toujours senti à part euh…d'une certaine façon
c'est un parti pris aussi chez moi donc, euh…je ne
suis pas un exemple à suivre de ce point de vue là, je
ne suis pas un modèle. Effectivement, il y a euh…
des sourds, de plus en plus de sourds qui ont accès à
de plus en plus de formations qualifiantes,
diplômantes et effectivement le paradoxe c'est
que…euh… il n'y a pas de débouchés pour eux
parceque euh…déjà, il y a beaucoup de chômage,
actuellement, énormément, déjà les sourds eux-mêmes
euh…d'après les statistiques euh…que j'ai pu
avoir…il paraîtrait qu'il y a pas loin de 30% de
chômage toutes professions confondues et toutes
surdités confondues en France.
LA CREATRICE DU CAFE-SIGNES : Moi j'ai envie de vous
dire…
LE JOURNALISTE : oui, dites moi.
LA CREATRICE DU CAFE-SIGNES : …au “Café Signes” je
rencontre euh…beaucoup de personnes sourdes en
difficultés, elles ont du mal à trouver un travail. On
peut pas nier la coupure communicationnelle, enfin le
patron euh…il a envie de…y va pas, il va pas
apprendre la langue des signes, de, les 3 premiers
jours dans l'entreprise, tout le monde fait l'effort,
ils apprennent la langue des signes, si vous voulez,
ya une certaine fascination mais dans le mot
fascination ya sidération.
Mais au bout de 3 ou 4 jours, chacun reprend sa place
et le sourd il est complétement isolé…et…
LE JOURNALISTE : D'accord…
LA CREATRICE DU CAFE-SIGNES : …et moi, au CAT que je
dirige, Centre d'Aide par le Travail, ya des personnes
sourdes, elles ont travaillé 10 ans en entreprise et
maintenant, elles sont à mi-temps thérapeutique au
CAT…
(ELLE POINTE DU POUCE PUIS DE L'INDEX DROIT PAR DESSUS
SON EPAULE L'ESAT*** SITUE DERRIERE ELLE)
…ça a été la dégringolade, la dépression, donc, cet
isolement, cette non communication on peut pas la
nier, donc, ya beaucoup encore de choses à faire.
LE JOURNALISTE : Est-ce que l'accessibilité pour selon
vous est suffisante ? Aujourd'hui ? L'accessibilité
pour les sourds à la télévision, dans les loisirs ?
SILENCE GENERAL….LE JOURNALISTE REGARDE TOUR A TOUR
LES INVITES. IL TOURNE LA TETE VERS JOEL, ASSIS A SA
GAUCHE.
JOEL CHALUDE : euh…pffff. .(IL REGARDE DEHORS AU
TRAVERS DE LA VITRE PUIS SE TOURNE VERS LE
JOURNALISTE) …pour ce qui concerne maintenant, on a
des réponses, de plus en plus appropriées, de plus en
plus diversifiées dans le domaine des loisirs de
l'accès à la culture, euh…tout ce qui concerne
l'accès des sourds, malentendants aux pratiques
culturelles et artistiques (…)
00.14.20 AFFICHE DE L'ASSOCIATION CHANTDANSE ET DE
L'ASSOCIATION LOISIRS ET SPORTS DES SOURDS DE GRENOBLE
(…) pas de problème, du moment, dans les grandes
métropoles hein ? Je veux dire Paris, dans une moindre
mesure Lyon ou…Poitiers etc…Mais, en province…
(IL SE GRATTE L'ARRIERE DE LA TETE DE SA MAIN DROITE)
(…) en province lambda c'est moins évident, c'est
beaucoup moins évident d'abord parce qu'il y a pas
assez de sourds pour susciter des…des… des emplois
spécifiques par exemple de guide dans les musées…On
considère, enfin bon, les administrations considèrent
qu'il n'y a pas vraiment lieu de fournir un effort
conséquent pour faciliter l'accès aux pratiques
culturelles dans les provinces.
Par contre à Paris, comme l'essentiel de la communauté
sourde est concentrée sur Paris et la région, il est
plus facile de trouver des financements adéquates et
c'est vrai qu'il y a énormément de propositions. ..
CHRISTIANE FOURNIER : …et ils ont, je dirais,
quelquechose de très positif, c'est qu'ils sont
rentrés dans la société…euh. ..comme un enfant
entendant : TOUT DE SUITE ! Ils sont rentrés dans la
société entendante, y a pas eu, je dirais, ce clivage
sourd/entendant mais, un jour ou l'autre, ils se
heurtent à un mur (ELLE FRAPPE LE DOS DE SA MAIN
DROITE SUR L PAUME DE SA MAIN GAUCHE) et c'est là, où
ils prennent conscience justement de cette surdité et
qu'il y a des portes qui se ferment devant eux.
ET c'est peut-être PLUS DOULOUREUX
(ELLE POINTE SES 2 INDEX FACE A ELLE).
LE JOURNALISTE : Alors, c'est une très très bonne
transition justement “Ils se heurtent à un mur”.
Le 2ème court-métrage de Joël Chalude…euh. ..la suite
des aventures de Pinto, c'est tout de suite et
euh…cette fois, le personnage est accusé de
harcèlement sexuel ; il est au tribunal et vous allez
voir que y va y avoir quelque peu d'émotion et puis de
malentendus dans les réactions de chacun. Je vous
laisse découvrir ça tout de suite.
00.16.00 LA MORT DU SIGNE
00.20.50
LE JOURNALISTE : “La mort du Signe” voila c'était donc
euh…est-ce que c'est des situations courantes ces
malentendus comme ça, est-ce que vous avez des p'tites
anecdotes à nous donner sur les malentendus qui peut y
avoir entre les les les sourds et les entendants ?
Ca arrive souvent ce qui est montré dans le
court-métrage ?
(LE JOURNALISTE SE TOURNE VERS JOEL QUI SOUFFLE, RIT
ET REGARDE LA CREATRICE DU CAFE-SIGNES)
LA CREATRICE DU CAFE-SIGNES : Ya beaucoup de
malentendus hein ? C'est vrai…
JOEL CHALUDE : Ya que ça, c'est le dialogue de sourd
permanent.
CHRISTIANE FOURNIER : Je dirais que les sourds, bien
souvent se…sont en but avèèquuuee (avec) la
laannguuue (langue) françaiiiisse (française) ; y
pensent avoir compris mais, y comprennent des mots
mais pas forcément l'ensemble de l'énoncé. Et c'est là
je dirais, toutes les difficultés qui sont liées, DANS
ces dialogues d'où cette expression : “dialogue de
sourds”.
LE JOURNALISTE : J'aimerai qu'on parle quelques
minutes de la semaine du handicap. Alors je précise
que (LE JOURNALISTE SE TOURNE ET REGARDE LA CAMERA)
aujourd'hui on est le samedi 10 novembre donc 2 jours
avant le début de la manifestation et euh…la
diffusion se fait 2 jours après ! Voila.
Donc y aura eu la semaine du handicap entre le
tournage et la diffusion (…)
(JOEL FAIT UN AHHH MUET EN LEVANT LES YEUX AU PLAFOND)
(…)qu'est- ce que vous attendez, vous de la semaine
du handicap par rapport à la surdité ? Est-ce que ce
n'est pas euh…une façon de contenter euh…des
associations ? Est-ce que ça change réellement
quelquechose ce genre de manifestation une fois dans
l'année ?
JOEL CHALUDE : Euh…(IL SOUFFLE), moi je crois aux
vertus de la durée. Ce genre de manifestation
ponctuelle est certainement bon mais si on ne
s'inscrit pas dans la durée euh ben…, ça reste un
épiphénomène. Je veux dire, il faut véritablement
inscrire euh…la pratique de l'insertion
professionnelle du handicapé et à plus forte raison du
sourd dans, au quotidien et pas seulement à travers
quelques petites manifestations ponctuelles.
LE JOURNALISTE : Pour vous aussi, la semaine du
handicap finalement c'est pas…
CHRISTIANE FOURNIER : euh…bon… euh…j'peux pas
dire c'que c'est inutile hein ? Mais, euh, d'abord
vous posez la question à beaucoup de sourds, ils vous
diront : “Je ne suis pas handicapé”.
(SOURIRE SUR SES LEVRES)
Pour commencer.
Et c'est vrai, a surdité ça ne se voit pas, ça ne se
remarque pas, et certains en sont enchantés parce que
y passent inaperçus dans la vie et…et ils le
souhaitent. Et en même temps, ils attendent euh je
dirais des mesures concrêtes pour euh…que leurs
conditions de vie s'améliorent que ce soit
l'éducation, que ce soit le travaaiil (travail) bon,
beaucoup de choses bon alors là aussi il y a un
paradoxe. C'est plein de paradoxes.
Donc, cette semaine du handicap y peuvent peut-être en
attendre quelquechose et en même temps ils se disent :
“Qu'est-ce que ça va changer à notre vie le
…euh…la semaine d'après euh…ça sera peut-être
comme la semaine précédente.”
Alors c'est pour ça que je suis aussi un petit peu
sceptique sur les retombées mais (…)
(ELLE LEVE LES BRAS ET LES PAUMES FACE AU JOURNALISTE)
(…) ça peut-être aussi positif.
LE JOURNALISTE : Qu'est-ce-que vous attendez tous les
trois du gouvernement qui a l'air euh…en ce
moment…
JOEL CHALUDE : Hein ?
LE JOURNALISTE : …du gouvernement. ..
JOEL CHALUDE : Olala…vous me posez (pas?****) la
question à moi ? Posez-la à…(RIRES/AGITATION
GENERALE/BROUHAHA) (JOEL AVANCE SA MAIN DROITE VERS LA
DIRECTRICE DE L'ESAT QUI BOUGE SUR LA BANQUETTE)
LE JOURNALISTE : …du gouvernement en ce moment il
est pas vraiment sur les problèmes de handicap hein ?
En ce moment il est vraiment sur autre chose…
JOEL CHALUDE : pof pof (IL RIT)
LE JOURNALISTE : …mais euh…mais.. .qu'est-ce- que
vous attendez concrêtement ? Qu'est-ce qui peut être
fait ?
CHRISTIANE FOURNIER (QUI ACQUIESCE) : Euh bon, moi je
vous dirais qu'à titre personnel étant donné que je
suis au ministère de l'éducation nationale… enfin
j'étais au ministère de l'éducation nationale,
actuellement nous travaillons sur un GROS projet qui
est né de mon, des articles de loi de février 2005,
sur l'enseignement de la langue des signes dans les
écoles et …en juin 2008, il y aura la langue des
signes comme langue optionnelle au bac.
LE JOURNALISTE : Bon et bien c'est concrêt ça alors
pourquoi …
BROUHAHA
JOEL CHALUDE : Moi j'ai une autre proposition à faire
qui me paraît tout à fait réalisable, réaliste c'est
qu'on augmente de 140% l'allocation adulte handicapée
LE JOURNALISTE : Ce s'rait effectivement une bonne
idée…
JOEL CHALUDE : Oui…
LE JOURNALISTE : Pourquoi pas ?
JOEL CHALUDE : Oui comme ça on s'aligne un petit peu
sur le salaire de notre dévoué président…Hein ?
(IL FAIT UN SIGNE DE LA MAIN DROITE EN DIRECTION DE LA
CAMERA AVEC UN GRAND SOURIRE ET CLINS D'YEUX)
(…) Salut Sarko !
BROUHAHA GENERAL
LE JOURNALISTE : Ca, ça je pense que ça va plaire à
l'équipe de Télé libre (IL SOURIT ET TEND LA MAIN
DROITE VERS LA CREATRICE DU CAFE SIGNE)
LA CREATRICE DU CAFE-SIGNES : Euh je ne suis pas
d'accord avec lui…
LE JOURNALISTE : Oui, allez-y…allez- y
LA CREATRICE DU CAFE-SIGNES : Moi je ne suis pas
d'accord avec toi Joël…Moi ce que je demande c'est..
JOEL CHALUDE : Ah tu votes, t'as voté pour lui ?
LA CREATRICE DU CAFE-SIGNES : …c'est que les sourds,
que les sourds, pas augmenter l'allocation adulte
handicapée, que les sourds y z'aient de la
considération et du travail un vrai travail voila ce
que je demande. Mais je demande pas l'augmentation de
l'allocation …adulte handicapée mais …une
considération, un travail.
CHRSTIANE FOURNIER : Ouais…
JOEL CHALUDE : Ce que je veux dire par là, c'est que
tant qu'à pratiquer l'injustice, autant aller au bout
de la logique qui prévaut au gouvernement.
C'est-à-dire. ..
LA CREATRICE DU CAFE-SIGNES : Mmm… Mais les
choses…
JOEL CHALUDE : C'est-à-dire, si on, si monsieur le
Président de la République estime justifié de majorer
de 140% son salaire, ben autant aller dans…
LA CREATRICE DU CAFE-SIGNES : Nan…
JOEL CHALUDE : …dans cette logique de proposer de
140% d'augmentation d'allocation de l'AAH.
LE JOURNALISTE : Parfait. Je vais vous laisser le mot
de la fin. Je…suis sur que vous allez nous faire un
très joli mot d'humour pour conclure : euh…qu'est- ce
qu'on peut dire ? Quel message vous voulez adresser
aux téléspectateurs par rapport à la surdité ?
JOEL SOUFFLE…PFFFFF. ..
JOEL CHALUDE : Euh, ben si je devais, euh…avoir le
mot de la fin euh…je dirais qu'effectivement que
c'est un mot parfaitement adapté puisque nous sommes
dans un restaurant.
BLANC…SILENCE GENERAL.
RIRES DES INVITEES.
LA CREATRICE DU CAFE-SIGNES : La fin…la faim…
JOEL CHALUDE : La faim (IL SIGNE MANGER)…
LE JOURNALISTE : …D'accord ! D'accord ben
je…voila.. .j'avais dit que ça nous…ne manquerait
pas d'humour (LE JOURNALISTE SE RETOURNE VERS LA
CAMERA) merci en tout cas de nous avoir suivi, c'était
“Libres Courts” je vous retrouve le mois prochain pour
la 10ème édition, en attendant : à bientôt pour de
nouvelles aventures.
LE JOURNALISTE SE TOURNE FACE A JOEL
…c'était c'était…JOEL MET SON INDEX DROIT EN RIANT
SUR SA TEMPE EN TOURNANT DANS LE SENS DES AIGUILLES
D'UNE MONTRE
JOEL CHALUDE : tic tac, tic tac, tic tac, tic tac…
LE JOURNALISTE : Oui oui, ça a mis, oui oui ça a mis
le temps mais…
JOEL SIGNE : LA GUEULE !
LES 3 INVITES RIENT.
GENERIQUE DE FIN ET MUSIQUE DU GENERIQUE.