Koko, le gorille qui parle en langue des signes américaine (pas sous-titré)
Koko le gorille 1 EN 4
envoyé par LA-FERME-DE-SOSO
La méthode analytique de la science permet de décortiquer les capacités des êtres vivant. Ainsi elle montre que “l'intelligence” de l'homme est relative car lorsque l'on recherche une caractéristique unique qui serait propre à l'homme, on trouve toujours un animal supérieur: un perroquet a plus de cordes vocales, l'aigle voit mieux, un guépard court plus vite, la souris a un meilleur quotient encéphalique…
En faisant avec un peu de recul la synthèse, on s'aperçoit alors que c'est plutôt grâce à la diversité de ses capacités, et non une seule, que l'homme à devellopé une grande intelligence. Il devrait alors se sentir plus proche des êtres vivant qui l'entourent. Au contraire il met sa soi-disant supériorité, sa différence en avant. Pourtant un homme est plus proche d'un chimpanzé male que de sa propre femme au niveau chromosomique (99% d'adn en commun et le chromosome X reprsente 2%).
… Koko montre également, grâce à la langue des signes, que les émotions existent chez les animaux. Elle exprime ses tristesses, joies et tous ses autres sentiments à travers la langue des signes.
L'homme, ne pouvant pas communiquer dans une même langue avec les autres animaux, est sourd à leur souffrance.
Je reconnais volontiers le caractère comique de cet argument et je laisserais plutôt les paroles de Claude Levi-Strauss vous convaincre (et peut être que vous lui redonnerez vous un peu d'optimisme envers l'humanité) :
“Depuis une quinzaine d'années, l'ethnologue prend davantage
conscience que les problèmes posés par la lutte contre les préjugés
raciaux reflètent à l'échelle humaine un problème beaucoup plus
vaste et dont la soluton est encore plus urgente ; celui des rapports
entre l'homme et les autres espèces vivantes, et il ne servirait à rien
de prétendre le résoudre sur le premier plan si on ne s'attaquait aussi
à lui sur l'autre, tant il est vrai que le respect que nous souhaitons
obtenir de l'homme envers ses pareils n'est qu'un cas particulier du respect
qu'il devrait ressentir pour toute forme de vie.
En isolant l'homme du reste de la création,
en définissant trop étroitement les limites qui l'en séparent,
l'humanisme occidental hérité de l'Antiquité et de la Renaissance
l'a privé d'un glacis protecteur et, l'expérience du dernier et du présent
siècles le prouve, l'a exposé sans défense à des assauts fomentés dans la place-forte elle-même.
Il a permis que soit rejetées, hors des frontières arbitrairement tracées,
des fractions chaque fois plus prochaines d'une humanité à laquelle on
pouvait d'autant plus facilement refuser la même dignité qu'au reste,
qu'on avait oublié que si l'homme est respectable, c'est d'abord comme être vivant
plutôt que comme seigneur et maître de la création : première reconnaissance
qui l'eût contraint à faire preuve de respect envers tous les êtres vivants.”
(Allocution de Claude Levi-Strauss à l'UNESCO en 1971)